Une famille presque normale, M.T. Edvardsson
- Genovefa
- 30 déc. 2019
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 oct. 2020
Adam Sendell, pasteur, sa femme Ulrika, brillante avocate, et leur fille Stella, 19 ans, vivent à Lund, une petite ville de Suède. Une famille tout à fait normale et heureuse : le père joue au floorball le jeudi, la mère va au yoga tous les lundis soir, la fille travaille chez H&M afin d’économiser de l’argent pour un long voyage en Asie, et le vendredi soir, tout le monde mange des plats à emporter en regardant la télévision avant de s’assoupir sur le canapé.

Et puis un jour, le cocon familial vole en éclats : Christopher Olsen, un important homme d’affaires de trente-six ans est assassiné à l’arme blanche sur une aire de jeux, et Stella est arrêtée puis incarcérée.
Est-elle coupable ? Pour ses parents, la question ne se pose même pas : ils doivent tout mettre en œuvre pour l’innocenter, quitte à lui fournir un faux alibi, à mentir pour la sauver et, surtout, sauver leur famille, en mettant de côté toute éthique et toute morale.
A tour de rôle, chacun va livrer sa version des faits, avec ses vérités, ses non-dits et ses mensonges. Car cette famille parfaite cache de nombreuses parts d’ombre. L’infidélité d’Ulrika, les problèmes de drogue de Stella et son viol à l’âge de quinze ans, pour lequel Adam n’a pas porté plainte (« Que vont penser de nous les gens ? ») : autant de secrets inavouables quand on veut donner l’image d’une famille irréprochable. Et pour Adam, prêtre respecté, il a toujours été crucial de garder une façade au regard du monde : « Ce qui se passe à la maison ne regarde pas les autres ».
Ce thriller psychologique à trois voix, dont l’intrigue est menée à tambour battant, démontre qu’aucune famille n’est totalement normale, et pose de nombreuses questions : qu’aurions-nous fait à leur place ? Connaissons-nous vraiment les membres de notre famille ? Est-il possible de dire toute la vérité à ceux qu’on aime ?
Impossible de lâcher ce pavé de plus de 500 pages où la tension est maintenue jusqu’au dénouement et il faut vraiment attendre la dernière page pour savoir si Stella est coupable ou innocente.
Ce polar nordique est une véritable réussite.
Editions Sonatine, 2019.
Traduit du suédois par Rémi Cassaigne.
A propos de l’auteur
« Une famille presque normale » est le premier roman de de M.T. Edvardsson traduit en français. Professeur dans le secondaire, Il est également auteur de romans pour la jeunesse.





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