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Manhattan Freud, Luc Bossi

  • Genovefa
  • 18 juil. 2025
  • 2 min de lecture

Ce thriller psychanalytique qui met en scène Freud à la poursuite d’un tueur en séries dans les rues de New-York est une véritable réussite.


En 1909, invités à prononcer des conférences aux Etats-Unis, Sigmund Freud et son disciple Carl Jung débarquent à New York au moment où un crime vient d’être commis : le célèbre promoteur et urbaniste August Korda, à l’origine de la floraison des gratte-ciels à Manhattan, a été assassiné à son domicile à l’aide d’une épée.

Près du corps de la victime, sa fille Grace a été retrouvée inconsciente.


Chargé de l’enquête, l’inspecteur Reynolds Kahn sollicite la collaboration de Freud car la jeune femme, sujette à des pertes de mémoire, a certainement vu l’assassin et il doit à tout prix l’aider à reconstituer ses souvenirs.


Convaincu qu’il s’agit d’un cas intéressant, le psychanalyste accepte d’analyser la fille du défunt qui, dès la première séance, choquée par ses questions relatives à des fantasmes d’ordre sexuel, dévoile une autre personnalité, violente, menaçante et perverse. Une transformation saisissante de Grace en Judith, un dédoublement de la personnalité. Et si c’était elle qui avait tué son père ?


Tandis que l’enquête piétine, de nouveaux meurtres rituels, en lien avec l’alchimie, sont commis dans d’atroces circonstances et les victimes sont toutes membres du Club des architectes, une association réunissant quelques-uns des hommes les plus puissants d’Amérique dont Adolph Ochs, le patron du New York Times et Theodore Roosevelt, ancien président des Etats-Unis.


Si l’intrigue en elle-même est intéressante, bien que parfois confuse, la réussite de ce roman réside dans la confrontation entre les psychanalystes – « les grands docteurs du cerveau » - et la police newyorkaise, peu portée sur la psychologie, dont les méthodes diffèrent.


En effet, si, à cette époque, la notoriété de Freud est déjà immense en Europe, ses théories sur la sexualité « ne sont pas la tasse de thé du père de famille américain » qui estime que le seul but de l’activité sexuelle est de faire des enfants, et exclusivement à l’intérieur de l’institution du mariage. Dès lors, les névroses, les fantasmes refoulés, les conflits œdipiens, les complexes de castration (« elle reproche à son père de lui avoir donné naissance en la privant de pénis ») sont perçus par les enquêteurs newyorkais comme des concepts complètement irrationnels.


Et les échanges entre les forces de l’ordre et le père de la psychanalyse, auxquels s’ajoutent les querelles désopilantes entre Freud, qui promeut l’inconscient, et Jung féru de spiritisme, offrent des moments savoureux.


Un polar original vraiment très drôle, voire hilarant.


Editions Albin Michel, 2009, Livre de Poche 2011


A propos de l‘auteur


Luc Bossi, qui a étudié dans des écoles de cinéma aux Etats-Unis, est producteur de films, scénariste pour le cinéma et la télévision. « Manhattan Freud » est son premier roman.

 

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