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La vie mensongère des adultes, Elena Ferrante

  • Genovefa
  • 19 août 2020
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 oct. 2020


Giovanna, douze ans, est la fille unique de Nella et Andrea, professeurs d’université.

Alors qu’elle mène une vie heureuse et insouciante dans le quartier bourgeois de Rione Alto, sur les hauteurs de Naples, son monde s’écroule le jour où elle surprend une conversation dans laquelle son père – qu’elle vénère tant - prononce à mi-voix : « Elle est en train de prendre les traits de ma sœur Vittoria».


Vittoria, une tante qu’elle n’a rencontrée qu’en de rares occasions et qui, aux yeux de ses parents, est laide, vulgaire et maléfique. Une femme qui ne suscite que peur et dégoût.


Est-ce donc ainsi que son père la voit : moche et méchante ? Alors qu’il ne cesse de lui répéter qu’elle est belle. Quel choc !


Déstabilisée par cette petite phrase a priori anodine, l’adolescente décide alors d’aller voir à quoi ressemble réellement Zia Vittoria (dont le visage est couvert d’un trait de feutre noir sur les photos de famille) et qui vit dans la Zona industriale, les quartiers pauvres de la ville.


Et elle ne sera pas déçue de cette rencontre. Car sa tante, qui s’exprime dans un dialecte napolitain qu’elle peine à comprendre, est certes vulgaire, agressive et vindicative mais surtout d’une spontanéité et d’une sincérité désarmantes. Et elle ne pratique pas la langue de bois.

En l’espace de quelques heures, elle lui brosse un portrait peu flatteur de son frère : un con, un merdeux qui oublie qu’il est issu d’un milieu populaire parce qu’il a fait des études et qui estime que quiconque ne se promène pas un livre à la main ne mérite pas d’exister.

Et surtout, il a détruit sa relation avec Enzo, son grand et unique amour.


Et c’est ainsi que Giovanna a commencé à mentir à son père. « Elle m’a seulement posé des questions sur le collège et mes amies », lui déclare-t-elle, avant d’ajouter « Je ne veux plus la revoir ». Car comment lui avouer sans le blesser que Vittoria lui a plu, qu’elle la fascine et qu’elle entend poursuivre leur relation ? D’autant plus que sa tante lui a promis de lui faire rencontrer les autres membres de la famille de son père, dont elle ne connait même pas le nom.


Cette plongée dans un milieu social tellement différent de celui dans lequel elle a grandi, la découverte d’une histoire familiale bâtie sur des mensonges, des hypocrisies et des trahisons, vont totalement bouleverser sa vie. « Les mensonges, les mensonges, les adultes les interdisent et entre-temps, ils en disent beaucoup ».


Ce roman d’une puissante vérité sociologique décrit avec justesse les zones troubles de l’adolescence, sa grande fragilité, ses désirs naissants et ses désillusions.

Persuadée d’être laide, Giovanna, la narratrice, navigue d’un univers à l’autre (« les parents de mon père et nous habitions deux villes différentes »), à la recherche de son identité. Au cours de sa quête, la jeune fille bien élevée croise des garçons (souvent des voyous) et des femmes blessées qui tentent de lui indiquer la meilleure voie à suivre.

Qu’il est long et semé d’embûches le chemin qui mène de l’adolescence à l’âge adulte !


Elena Ferrante nous offre un fois de plus un livre magnifique.


Editions Gallimard, 2020

Traduit de l’italien par Elsa Damien

Titre original : « La vita bugiarda Degli adulti »


A propos de l’auteure


Toujours cachée derrière son pseudonyme (Elena Ferrante, qui tient absolument à rester dans l’ombre, refuse toute rencontre), l’auteure de la saga napolitaine « L’Amie prodigieuse », traduite dans une quarantaine de langues, a également écrit d’autres romans et des essais dont « Chronique du hasard » (Editions Gallimard, 2019).

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