L’archipel des larmes, Camilla Grebe
- Genovefa
- 8 août 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 oct. 2020
La reine du polar scandinave est de retour et vous ne serez pas déçus. Mais gare aux sueurs froides !

Stockholm, février 1944.
Suite à une violente dispute signalée au domicile des Karlsson, Elsie, auxiliaire de police, se rend sur place, accompagnée de deux agents.
Märta Karlsson, condamnée à plusieurs reprises pour prostitution, a été sauvagement assassinée sous les yeux de ses sept jeunes enfants. Etendue par terre, les bras en croix, ses mains ont été clouées au sol et on lui a enfoncé une cuillère en bois dans la bouche.
Elsie remarque trop tard l’homme qui se cache dans la pénombre, qui la poursuit dans les escaliers et qui la tue. L’assassin ne sera pas retrouvé.
Östertuna, petite ville au nord de Stockholm, 1971.
Britt-Marie, cantonnée à des tâches subalternes par son chef le commissaire Fagerberg, arrogant, misogyne et voyant d’un mauvais œil l’arrivée des femmes dans la police, se voit confier l’interrogatoire d’une femme violée et rouée de coups dans son appartement où elle vit avec son petit garçon.
Yvonne Billing, en sang, git sur le dos, les mains rivées au sol par des clous. Britt-Marie reconnaît aussitôt le modus operandi de celui qui est surnommé, depuis l’assassinat de Märta, l’Assassin des bas-fonds.
Pas d’empreintes digitales et aucun témoin.
Tandis que l’enquête piétine, une autre femme, mère célibataire, est assassinée dans les mêmes conditions.
Obsédée par ces meurtres mais empêchée de mener ses propres investigations, la jeune inspectrice, dont le couple bat de l’aile, décide de partir quelques jours. Et elle disparaît mystérieusement. A jamais.
Onze ans plus tard, alors que les victimes sont tombées dans l’oubli, l’Assassin des bas-fonds sort à nouveau de son sommeil. D’autres femmes sont assassinées selon le même rituel.
Et la traque reprend. Et à chaque époque, une policière courageuse se démène pour identifier le monstre, avec des conséquences dramatiques.
Est-ce le même tueur ? Pourquoi disparaît-il des radars pendant des années ? Et pourquoi s’attaque-t-il toujours à des jeunes mères élevant seules leur enfant ?
Magistralement construit, ce thriller nous entraîne au sein d’une enquête qui a duré soixante-quinze ans. Le rythme ne faiblit à aucun moment, le suspense est toujours présent et la fin vraiment inattendue.
Ce livre est aussi une étude sociologique de la place de la femme dans la société suédoise des années quarante à nos jours. Victimes de sexisme et de discrimination, elles ont dû mener un véritable combat pour se faire respecter dans la police.
Editions Calmann-Lévy, 2020.
Traduit du suédois par Anna Postel.
A propos de l’auteure
Auteure d’« Un cri sous la glace » paru en 2017 et devenu un phénomène mondial et de « L’ombre de la baleine » (2018) Camilla Grebe a remporté le prestigieux Glass Key Award pour « Le journal de ma disparation ». « L’Archipel des larmes » a été récompensé du Prix du meilleur du polar suédois 2019.





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