Et les vivants autour, Barbara Abel
- Genovefa
- 6 juil. 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 oct. 2020

Cela fait quatre ans que Jeanne Mercier, vingt-neuf ans, est plongée dans le coma, suite à un accident de voiture. Elle est, comme disent les médecins, dans « un état d’éveil non répondant ». Ce drame a totalement bouleversé la vie de tous les membres de sa famille : les vivants.
Sa mère, Micheline, lui rend visite tous les jours à l’hôpital, lui parle, lui fait la lecture, persuadée qu’elle l’entend et qu’elle se réveillera un jour. Un avis que ne partage pas le professeur Goossens qui préconise l’arrêt des machines.
Homme d’affaires et de pouvoir, tyrannique et dépourvu de compassion, Gilbert, le père de Jeanne pense lui aussi qu’il n’y a plus rien à espérer : si son cœur bat, son cerveau ne fonctionne plus. « Elle est déjà morte », répète-t-il.
Les époux, s’affrontent et se déchirent, d’autant plus que leur couple bat de l’aile depuis un certain temps, et Micheline, face à cet homme autoritaire qui la méprise, espère que Jérôme le mari de Jeanne, se rangera à ses côtés et parviendra à convaincre Gilbert de changer d’avis.
Mais Jérôme qui, certes, a vécu une histoire passionnelle avec sa femme - qu’il n’a d’ailleurs jamais trahie depuis qu’elle est plongée dans le coma - se dit qu’on ne peut rester indéfiniment amoureux d’un corps inerte.
Et puis, il y a Charlotte, la grande sœur, qui a abandonné sa carrière de comédienne pour ouvrir un restaurant avec son compagnon et qui désespère de ne pas tomber enceinte. Voilà quatre ans que l’ombre de sa sœur plane sur sa famille et elle aimerait que sa mère s’intéresse aussi à elle, même si celle-ci n’a jamais réussi à cacher sa préférence pour Jeanne qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Ce n’est pas à son père qu’elle doit faire entendre raison. « Il faut la laisser partir, maman… Et puis, je suis là, moi ».
C’est alors que le professeur Goossens convoque les parents et l’époux de Jeanne pour un entretien. Chacun est persuadé qu’il souhaite leur faire part de sa décision de débrancher sa patiente. Il n’en est rien. Et ce que le médecin leur annonce est juste impensable.
Et cette terrible nouvelle va provoquer un séisme au sein de la famille Mercier.
D’une plume alerte, l’auteure s’est inspirée d’un fait réel pour raconter l’histoire d’une famille apparemment ordinaire confrontée à une situation insoutenable. Jalousie, rancœurs, secrets et mensonges : pendant que Jeanne « dort », les vivants conspirent et se déchirent. Jusqu’à l’explosion.
Malgré certaines longueurs, le suspense est présent de la première à la dernière page dans ce thriller psychologique sombre et complexe aux rebondissements inattendus.
Editions Belfond, 2020
A propos de l’auteure
« Et les vivants autour » est le treizième roman de l’auteure belge Barbara Abel. En 2002, elle a reçu le Prix du roman Policier de Cognac pour son premier roman « L’instinct maternel ». Paru en 2003, « Un bel âge pour mourir » a été adapté en téléfilm sous le titre « Miroir, mon beau miroir », avec Marie-France Pisier et Emilie Dequenne dans les rôles principaux. « Derrière la haine » (paru en 2012) a fait l’objet d’un film (« Duelles ») qui a remporté neuf prix à l’occasion des Magritte du cinéma 2020.





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